Vous avez un fichier .md et vous voulez simplement voir de quoi il a l’air
avant d’en faire quelque chose. Quatre méthodes existent. Elles ne servent pas au
même usage, et le choix dépend entièrement de ce que vous ferez ensuite.
1. L’éditeur markdown en ligne
Dillinger, StackEdit, HackMD et leurs équivalents : une page web avec le texte à gauche et le rendu à droite.
Pour : rien à installer, l’aperçu se met à jour à la frappe, et l’on voit immédiatement l’effet d’une modification.
Contre : le rendu affiché est du HTML, pas la mise en page finale. Si votre destination est un PDF, ce que vous voyez ne correspond pas à ce que vous obtiendrez — ni les polices, ni les marges, ni surtout les coupures de page. Un titre qui tombe en bas de page, un tableau coupé en deux : l’aperçu HTML ne peut pas vous en avertir, parce qu’il n’a pas de pages.
Et selon le service, votre texte est envoyé à un serveur, ce qui pose la question traitée dans cet article.
Quand la choisir : vous écrivez, vous itérez, la destination est le web ou un outil de notes.
2. L’extension de navigateur
Markdown Viewer et consorts : le navigateur affiche les .md mis en forme au
lieu du texte brut.
Pour : aucune manipulation. Vous ouvrez un fichier local, il s’affiche correctement. Rien ne quitte votre machine.
Contre : il faut l’installer sur chaque poste — souvent impossible sur un poste d’entreprise verrouillé. Et cela ne règle en rien le problème de transmission : votre destinataire n’aura pas l’extension.
Quand la choisir : vous lisez souvent des .md reçus d’autres personnes,
sur votre machine personnelle.
3. L’application installée
Obsidian, Typora, Visual Studio Code, Notion. Un vrai environnement d’édition avec aperçu.
Pour : puissant, hors ligne, avec gestion des fichiers, recherche et historique. Typora et Obsidian exportent en PDF avec un résultat honnête.
Contre : une installation, une prise en main, parfois une licence. Et pour
qui ouvre trois .md par mois, c’est un investissement sans retour. L’export PDF
de ces outils reprend par ailleurs des styles pensés pour de la documentation
technique, pas pour un livrable de direction.
Quand la choisir : le markdown est votre format de travail quotidien.
4. L’aperçu qui montre déjà le PDF
La quatrième approche renverse la logique : au lieu de prévisualiser une page web, on affiche le PDF lui-même, généré à la volée.
Pour : il n’y a plus d’écart possible entre l’aperçu et le résultat, puisque c’est le même fichier. Vous voyez les vraies pages, les vraies coupures, la vraie typographie. Ce qui est à l’écran est ce que votre destinataire recevra.
Contre : le premier chargement est plus lourd — il faut télécharger le moteur de rendu et les polices. Et l’aperçu est moins immédiat qu’un rendu HTML : comptez une seconde après chaque modification.
Quand la choisir : votre destination est un document à transmettre. C’est-à-dire la plupart du temps, en contexte professionnel.
C’est le parti pris de notre outil. L’aperçu affiché est le fichier que vous allez télécharger, pas une approximation. Et comme tout se passe dans le navigateur, aucun document n’est envoyé sur un serveur.
Le tableau récapitulatif
| Éditeur en ligne | Extension | Application | Aperçu PDF | |
|---|---|---|---|---|
| Installation | aucune | une fois | oui | aucune |
| Fidélité au PDF | faible | faible | bonne | exacte |
| Coupures de page visibles | non | non | oui | oui |
| Fonctionne hors ligne | rarement | oui | oui | oui |
| Document envoyé sur un serveur | souvent | non | non | non |
| Modification du texte | oui | non | oui | oui |
Comment choisir en une question
Que ferez-vous du document ensuite ?
Si la réponse est « le retravailler », prenez un éditeur — en ligne pour un usage ponctuel, installé pour un usage quotidien.
Si la réponse est « l’envoyer à quelqu’un », prévisualisez directement en PDF. Prévisualiser en HTML un document destiné à l’impression revient à répéter une pièce dans une autre salle que celle de la représentation : vous verrez le texte, mais aucun des problèmes qui comptent.
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